Solipsis, l’univers virtuel frenchy qui fait parler de lui

J’ai eu le plaisir d’assister mercredi soir à La Cantine à la soirée de présentation de Solipsis. Solipsis c’est un univers virtuel en 3D créé par France Telecom R&D, l’IRISA, Artefacto, Archividéo et l’université de Rennes 2 dans lequel on se déplace grâce à un avatar. Jusque là rien de très nouveau me direz vous.

Solipsis, l’univers virtuel open source peer-to-peer

Tout d’abord un retour rapide sur mes impressions sur le déroulement de la soirée : le maitre de cérémonie n’était autre que Romain Piegay, porte-parole du projet Solipsis. Malgré toute sa bonne volonté, Romain manque à l’évidence de pratique dans l’exercice de la présentation orale et a eu quelques difficultés à nous faire entrer dans l’univers de son projet. C’est en partie ce qui nous a fait prendre conscience de la jeunesse de ce projet. Il a néanmoins réussi à nous faire comprendre l’avantage majeur de Solipsis et son élément différenciant le plus fort à savoir sa technologie. Alors que dans les univers virtuels traditionnels, les serveurs sont chargés d’envoyer toutes les informations à chaque utilisateur connecté, Solipsis exploite la technologie peer-to-peer afin de faire émerger un univers virtuel sans limite en termes de taille, de contenu et de nombre de contributeurs.

Le peer-to-peer seule solution durable pour le développement des univers virtuels ?

En effet, dans Solipsis, il y a quelques serveurs dédiés sur lesquels le monde persistant est stocké dans son ensemble, cependant, on exploite principalement les ressources des machines des utilisateurs connectés (en fonction des performances de la machine qu’il utilise bien sûr, on ne demandera pas autant de ressources à une personne qui navigue depuis son iphone par exemple). Ainsi lorsque vous êtes connecté depuis votre ordinateur vous n’avez pas besoin de voir le monde dans son ensemble mais seulement la partie que vous visualisez dans l’instant. Les avatars qui vous entourent seront chargés de vous fournir cette information à la place du serveur et vous pourrez à votre tour partager vos informations avec eux de manière à ce que chacun d’entre vous puisse fournir un « petit morceau de monde » aux autres. Jusqu’ici l’idée peut paraitre astucieuse mais l’on peut se dire que cela ne va pas révolutionner le monde. Par contre, lorsque l’on sait que les gigantesques fermes de serveurs de Second Life suffisent à peine à gérer l’audience qu’il y a actuellement sur cet univers et que si cette audience tendait à croître les coûts de location des serveurs deviendraient colossaux alors on se rend vite compte que cette idée n’est pas seulement astucieuse mais géniale. De plus, dans une société où le développement durable devient une urgence, bien malin celui qui pourrait dire que cela lui importe peu que la consommation en électricité d’un avatar dans Second Life soit la même que celle d’un humain au Brésil !

Solipsis apporte donc une réponse à deux problèmes majeurs qui limitent de fait la croissance des univers virtuels : les coûts liés à la location des serveurs et le problème environnemental.

Visite guidée

Persuadée que Solipsis est un projet des plus intéressants, j’ai profité d’un moment plus calme de la soirée pour pouvoir m’entretenir directement avec Gwendal. Il se trouve que si je n’avais pas discuté avec lui je serai malheureusement passée à côté de fonctionnalités étonnantes de Solipsis comme la possibilité de pouvoir utiliser tous les objets comme des écrans sur lesquels il est possible d’afficher des sites web via un navigateur Firefox intégré mais aussi des vidéos VLC : très utile si l’on veut envisager Solipsis comme un outil de travail collaboratif. On peut même aller jusqu’à prendre le contrôle de n’importe quel ordinateur et bénéficier de toutes ses fonctionnalités via un serveur VNC !

J’ai également pu tester le modeleur de Solipsis. Il s’agit en fait de trois modeleurs qui visent trois cibles de créateurs différentes :

  • Les utilisateurs non initiés: Solipsis intègrera un outil qui permet de décrire via le langage texte classique la scène que l’on veut créer. Par exemple: «une table rouge devant une sphère bleue». Cela peut paraître limité pour le moment, mais une bibliothèque d’objets va peu à peu se constituer et l’on pourra réutiliser tous les objets créés par les utilisateurs et les inclure dans sa propre scène via le langage texte.
  • Les utilisateurs «motivés»: Solipsis met à leur disposition un outil de modélisation classique qui offre un certain nombre de primitives à partir desquelles on peut créer des objets un peu comme dans Second Life.
  • Les utilisateurs professionnels: Solipsis offre la possibilité aux créateurs d’objets 3D de les importer dans Solipsis depuis les logiciels 3D studio et sketch up.

Voici quelques images de ma visite :

Solipsis en vidéos :







Les défis à relever pour Solipsis

Plusieurs défis majeurs à relever pour le projet open source français tendance du moment :

  1. Réussir à rassembler une forte communauté autour de son projet afin de le faire rapidement évoluer. En effet, Solipsis est aujourd’hui un bac à sable sur lequel tout reste encore à créer. La bonne nouvelle est que le projet est entièrement open source (ce qui permet à tous de contribuer au développement du projet). De plus, les trois types de modeleurs fournis par Solipsis devraient faciliter la création de par leur diversité.
  2. Elaborer un système de gestion des droits sur les objets crées. En effet, les créateurs ne voudront sans doute pas partager tous leurs objets, alors comment en restreindre l’accès ? Comment développer un commerce lié à la vente des objets crées par les professionnels ?
  3. Mettre en place un véritable business model. Solipsis est avant tout un projet de recherche ambitieux et son modèle économique reste encore à définir. Une monnaie sera-t-elle mise en place ? Solipsis offrira t-il des espaces publicitaires pour les marques ? Une solution de travail collaboratif incluant des salles de réunions et l’accès à des outils de communication en ligne ?

Tous les usages de ce beau projet restent donc encore à inventer et ne soyez pas surpris de vous retrouver dans un monde quasiment vide qui n’a rien à voir avec le niveau de maturité atteint par Second Life!

Graphistes, développeurs ou marketeurs, n’hésitez donc pas à venir investir le projet afin de l’enrichir de vos créations, fonctionnalités et d’en créer les usages.

Pour télécharger Solipsis ou obtenir plus d’infos rendez-vous ici.

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