Bye Bye Lively

Et non, Lively, l’univers virtuel made by Google lancé en juillet dernier n’aura pas révolutionné le monde comme certains le prédisaient déjà. Google annonce officiellement sa fermeture pour le 31 décembre prochain.

Google ne sera pas maître des mondes virtuels

Malgré bon nombre d’avantages que j’avais souligné ici lors de la sortie de Lively, il semblerait que Google n’ai pas réussi le tour de force que l’on attendait de lui. Le lancement de Lively, qui a été fait un peu rapidement je pense, offrait une version où les crashs étaient nombreux et Google n’a pas su motiver et guider ses utilisateurs afin qu’ils inventent eux-mêmes les usages de ce monde.

On peut déplorer cet échec mais il soulève également bon nombre d’espoirs pour l’avenir :

  • Google ne sera pas maître du monde (et en tout cas pas des mondes virtuels)
  • Il y a de la place pour de petits entrepreneurs et ce n’est pas parce que l’on est le géant Google que l’on va mieux réussir et comprendre les mondes virtuels
  • Il n’y toujours pas de réel challenger à Second Life qui s’impose de plus en plus en modèle en proposant maintenant des solutions de travail collaboratif et en étant le lieu de toutes les innovations (RIL shopping: première vente en ligne dans un monde virtuel, les conférences relayées toujours au sein de Second Life, de nouvelles entreprises qui continuent de s’y implanter)

L’univers virtuel de demain sera open source ou ne sera pas

A mon sens, l’initiative ajournée de Google montre aussi que le modèle des mondes virtuels devra être plutôt open source et ainsi solliciter les utilisateurs afin qu’ils bâtissent eux aussi le monde et en inventent les usages. Le projet qui réussira à fournir des outils simples pour s’implanter dans les mondes virtuels aura gagné. Il faut stimuler la création du plus grand nombre afin d’en sortir des perles. Lorsque l’on fournit les moyens de s’exprimer et de créer au plus grand nombre, on en sort toujours des choses positives. Ainsi, l’avènement des blogs en France n’a pu avoir lieu que grâce à l’initiative de Skyblog qui a été le premier en France à proposer la création gratuite d’un blog en quelques minutes. Le défi, bien que beaucoup plus important techniquement est le même pour les mondes virtuels.

- Edit par Fred Cavazza -

En complément de ce billet, je souhaiterais ajouter plusieurs problèmes qui ont participés à l’échec de Lively :

  1. Lively n’est pas compatible avec les autres produits de la gamme Google dont Chrome, Earth…
  2. Lively est très éloigné du coeur de métier de Google (le search et l’advertising)
  3. Lively avait trop de retard sur son courant direct IMVU (rappelons que Google avait essayé de racheter IMVU en 2006 et que le chef de projet n’est autre que le co-fondateur débauché pour l’occasion)
  4. Lively n’a pas réussi à développer suffisament vite sa marketplace (qui était dans l’ombre de 3D Warehouse) et n’a pas sû mettre entre les mains de la communauté un outil de création d’objet 3D réellement simple (un Sketchup appauvri ou un éditeur graphique comme le propose Spore)

Au-delà de ces problèmes, il faut bien avouer que Google mène une multitude de projets en même temps. Parfois ces projets sont plus rentables et moisn risqués comme notamment le programme In-Game Advertising dont il pourrait se servir pour noyauter les univers virtuels concurrents. Bien évidement c’est une triste nouvelle, surtout dans la mesure où Google souhaitait explorer un positionnement inédit pour Lively : celui du Gaming as a Platform (cf. Lively deviendra-t-il une plateforme de jeux ?).

Toujours est-il que les utilisateurs s’organisent déjà pour faire pression sur Google afin de maintenir Lively en vie (à voir sur Livelyzens).

16 commentaires pour “Bye Bye Lively”

  1. Je suis d’accord, la mise en place de solutions opensources & d’outils de création de contenu augmente de beaucoup les chances de succès.
    Second Life est encore et toujours en position de learder, mais la sortie de Solipsis va peut être changer la donne. Sans vouloir faire le chauvin c’est un projet français en plus !

  2. Non l’open source n’est pas la solution miracle, pour que cela fonctionne il faut une taille critique et l’écosystème autour de SL a mit plus de 5 ans avant d’être « productif ».

    Prenons l’exemple d’IMVU ou d’Entropia Universe, deux solutions propriétaires qui fonctionnent pourtant très bien.

    /Fred

  3. Marjorie SOUTRIC

    @Ange : zut alors tu casses tout l’effet de surprise d’un futur post pour présenter Solipsis ! patience…

    @Fred L’open source n’est certes pas une solution miracle mais permet, je pense, d’augmenter grandement les chances de réussite d’un projet en y faisant participer activement ses utilisateurs.

    Cela ne veut pas dire que des solutions propriétaires ne peuvent pas fonctionner mais je crois très fort dans les possibilités de l’open source :)

  4. Gregleens Merlin

    Mon impression ces derniers temps, c’est que Second Life a pris tellement d’avance qu’il va rester le leader du marché.

    Comme Ange, j’attends avec impatience de tester Solipsis qui paraît très prometteur. Un bémol cependant, j’ai lu quelque part qu’il n’y avait pas de possibilité de script dans Solipsis, ce qui risque de pénaliser son adoption par les habitués de SL. Et quid du système monétaire ? Y-en-a-t-il un dans Solipsis ? c’est ce qui fait aussi le succès de SL.

  5. @ Ange et Marjorie > Pour avoir testé Solipsis hier soir à la présentation de la Cantine, je peux vous assurer qu’il ne s’agit pas d’une alternative à SL. C’est un très beau projet mais qui est encore jeune.

    Je reste sur ma position concernant SL : il n’y a pas et il n’y aura pas d’alternative à SL, c’est une plateforme à part qui mérite sa propre catégorie. Il y a donc des alternative à Entropia Universe (Blue Mars), à Project Outback (Solipsis), à IMVU (Meez), à There (Multiverse) mais pas à SL (même pas HiPiHi).

    /Fred

  6. La surprise eut été que Lively soit un carton.

    Comment chez Google ils ont pu croire qu’en l’espace de 6 mois ils allaient remplir leur univers juste en mettant un logo Google dessus ? Ce n’est pas seulement un échec, c’est la preuve de leur méconnaissance totale du microcosme des communautés en ligne.

    Aujourd’hui, tout le monde veut SON univers virtuel : Sony avec son Home, Disney avec Pixie Hollow ou plus près de nous, TF1 ou France 3 avec leurs versions de TAATU pour la Star Academy et Plus Belle la Vie.

    Franchement, qu’est-ce qu’ils espèrent ?
    Comment peuvent-ils passer à côté du fait que les univers virtuels à succès ont pris PROGRESSIVEMENT de l’ampleur, qu’ils ont été créés par des SOCIETES NOUVELLES et qu’il s’agit pour la plupart d’entre elles de leur PREMIER ET UNIQUE SERVICE/PRODUIT.

    Les « expériences » de Youtube et de Google Videos auraient dû un peu aiguiller Google sur la marche à suivre.

    Selon moi, Google aurait dû :
    - créer une nouvelle société ou créer une véritable identité/entité distincte des autres activités Google… pour que Lively ne soit pas juste un énième service Google.
    - avoir un concept aussi fort qu’original et ne pas créer qu’une « plateforme » ou qu’une copie d’univers existants… ok c’est plus facile à écrire qu’à faire.
    - tout mettre en œuvre pour créer un noyau dur de premiers utilisateurs clairement identifiés… et ne pas se contenter de communiqués de presse. Je n’ai pas encore compris pourquoi Lively n’étaient pas plus mis en avant sur la page d’accueil de Google, mais j’ai encore moins compris quel était le cœur de cible de cet univers.
    - être humble… toutes les communautés sont avant tout une « histoire » entre l’univers, les utilisateurs et les créateurs. Une histoire qui s’écrit chapitre par chapitre et qui dans tous les cas ne commence pas par « on va niquer Second Life en 6 mois».

    Ce n’est que mon avis et je ne peux pas garantir que cela soit une recette miracle, mais ça me paraît être le minimum syndical.

  7. Bien vu. France Telecom développe avec le concours de l’ANR : solypis.
    C’est un second life sans serveur et open source. Il est basé sur une architecture P2P ce qui rend le contrôle mercantile impossible. Il y a fort à parier que cet univers virtuel appartiendra aux utilisateurs. Solypsis aura la capacité de détroner second life

  8. Patrick Do Nascimento

    # « Lively n’est pas compatible avec les autres produits de la gamme Microsoft dont Chrome, Earth… »

    je crois que tu as voulu dire Google et non Microsoft ;-)

  9. Qui peut décemment croire qu’il suffit de 6 mois et quelques communiqués de presse pour bouleverser l’économie des univers virtuels ?
    L’expérience Google Vidéos n’aura vraiment servi à rien. Etre un peu plus humble et comprendre que les utilisateurs de ces univers ne sont pas que des consommateurs, mais avant tout des individus passionnés ce n’est pourtant pas compliqué. Quel gachis !

    Je veux bien récupérer les droits et les sources de Lively pour leur montrer comment faire. :)

  10. Nous vous remercions d’avoir écrit sur Livelyzens. Nous sommes de demander à tous les bloggers à nous soutenir en diffusant le mot au sujet de notre appel.

    Vous pouvez utiliser les images suivantes aussi:

    http://img253.imageshack.us/img253/2875/dontshut001eh0.jpg
    http://img89.imageshack.us/img89/5220/chancetk9.jpg

    Nous espérons rester en vie!

  11. Il y a malheureusement beaucoup de gens qui savent comment faire… mais peu qui font… Lively est mort né car c’est juste un produit qui n’a pas rencontré son public.. une preuve que le modèle des rooms n’est pas une alternative..

    Concernant Solipsis, si Orange ne fait pas ce produit un business c’est qu’il y une raison… certainement un produit trop élitiste…

    Le grand public n’attend pas aprés un Second Life ou un Solipsis mais attend plutôt des services liés à ces univers et clairement Second Life est loin du compte, mais pas autant que Solipsis, encore naissant…

  12. Je reste sur ma position concernant SL

    @fred je ne te suis pas, un jour sl est mort, plus tard tout change et maintenant sl est unique

    assez opportuniste comme vision mais pas tres claire ou alors le consulting se fait en fonction de la position du vent ?

  13. @ Kusz > Non le consulting n’est pas fonction de la position du vent. Mes prises de positions (radicales) sur SL étaient fonction de la maturité de l’offre à l’époque de ces prises de position. SL a évolué donc ma position a elle aussi évoluée.

    cf. http://www.fredcavazza.net/2008/10/22/grandeur-decadence-resurrection-sublimation-et-transformation-de-second-life/

    Je ne pense pas que cela soit une attitude constructive que de critiquer le métier du consulting. Respectes mon métier ou tu ne seras plus le bienvenu sur ce blog.

    /Fred

  14. se tenia mas retos aun como traducción en el momento en el idioma de raíz del usuario dominador del room sin afectar al de los visitantes que verían en su idioma particular
    así elimina esta Babel de internet
    solo al ingresar se seleccionaría el idioma determinado según el usuario

    ya que se supone que google no intentaría seguir desarrollando esta linea de chat porque no libera
    el sistema para que al igual que la misma internet y así sea desarrollada por los usuarios
    pero conserve la patente para cobrar las utilidades y cual esclavos libres en agradecimiento los usuarios aportarían mas ala gloria de google.

    —-(Tentative) de traduction par Marjorie Soutric—-

    Ma traduction doit être bancale car je n’ai pas tout compris, si quelqu’un veut bien aider dans la compréhension du commentaire, il est le bienvenu :)

    Il y aura encore plus de défis comme la traduction: la langue principale de l’utilisateur de la room ne devra pas nuire à la room des visiteurs qui verraient leur langue en particulier,
    et élimine ainsi cette Babel de l’Internet
    juste pour être certains de choisir la langue de l’utilisateur

    On suppose que Google ne cherche pas à développer cette discussion en ligne, car elle libère
    le système de sorte que, comme l’Internet lui-même, elle soit bien développée par les utilisateurs
    mais conserve le brevet de recueillir les bénéfices et les esclaves libres dans lequel les utilisateurs apporteront plus de satisfaction à la gloire de Google.

  15. Marjorie SOUTRIC

    @David Castéra D’après les confessions qui m’ont été faites par un des responsables du projet chez Orange le jour de la soirée de présentation de Solipsis, si Solipsis n’est pas (encore) un business c’est parce qu’il s’agit d’un des projets purement orientés recherche d’Orange et que personne n’avait réfléchi à un business model pour ce projet ! Apparemment, Orange commence à demander aux différents acteurs du projet de lui trouver un business model, affaire à suivre donc…

  16. Les « espaces virtuels » comme tous les « lieux » d’activité humaine sont ceux qu’en font (ou feront)les gens qui les investissent. C’est toujours la rencontre (réussie ou pas) entre un « lieu » et un « public » qui vient « l’habiter » durablement ou pas.
    Les espaces virtuels ne peuvent être déconnectés des activités et usages (bien réels ceux là) que les personnes ou les communautés souhaitent ou envisagent d’y engager. Les espaces virtuels devront de plus en plus dire leur nom, annoncer à l’avance leur vocation et être conçu en fonction de leurs usages (sociaux et autres).
    Gérard Borth
    http://virtuel.coherences.com/

Laissez un commentaire