Une conférence sur jeu vidéo et marketing le 13 septembre à Paris

La nouvelle ne m’est parvenue que tardivement, mais je suis néanmoins très enthousiaste à l’idée de vous annoncer la tenue la semaine prochaine à Paris d’une conférence dédiée aux jeux vidéo et au marketing (le jeudi 13 septembre au Pôle Leonard de Vinci de La Défense). Organisée par la société ellefan, avec le soutien de nombreux partenaires, cette conférence vous propose de faire le point sur les dernières pratiques d’utilisation des jeux et mécaniques de jeu dans un contexte de marque (advergames, in-game advertising, gamification…). De nombreux intervenants seront là pour vous aider à décrypter ces pratiques et à partager leur retour d’expérience (acquisition, fidélisation, transformation…).

L’inscription à cette conférence est payante, mais il s’agit plus d’une participation aux frais qu’autre chose. De plus, un jeu Facebook permet de gagner des places gratuites. L’objectif de cette conférence est de vous faire découvrir les nombreux domaines d’application possible des jeux dans des secteurs aussi variés que la santé, la grande distribution, l’environnement, les RH, les politiques publiques et bien évidement le marketing, comme très récemment Puma avec Run Run, un superbe jeu rétro.

Le jeu 8 bits de Puma pour les J.O.

Étant en déplacement la semaine prochaine, je ne pourrais pas assister à cette conférence, aussi, j’espère qu’une bonne âme se dévouera pour nous faire un compte-rendu digne de ce nom.

Les point sur les plateformes sociales pour jeux mobiles

Les smartphones sont le nouvel eldorado pour les éditeurs de jeux sociaux et même d’univers virtuels. Si nous avons constaté ces dernières années des éditeurs de renom commencer à lorgner sur les smartphones, comme Sulake avec Bobba Bar ou Nexon avec MappleStory, les éditeurs de jeux sociaux ont carrément mis les bouchées doubles, à l’image de Zynga qui propose déjà une dizaine de titres.

Tout ceci est fort sympathique, mais comment stimuler la viralité et les interactions sociales sur des supports aussi contraignants que les smartphones ? Tout simplement en exploitant une couche sociale commune entre les différents jeux de votre terminal. Si je ne me trompe pas, c’est l’éditeur Aurora Feint qui a lancé le concept en premier avec OpenFeint en 2008 : OpenFeint, la plateforme de référence de social gaming sur iPhone. Cette couche sociale se présente donc sous la forme de briques technologiques prêtes à l’emploi qui permettent aux éditeurs de jeux de gagner du temps pour implémenter des fonctions sociales comme les profils, le partage des scores et des réussites, la gestion des listes d’amis et des invitations… Le but réel de cette couche sociale est en fait de démultiplier l’effet réseau et de stimuler les joueurs. Au passage, ils en profitent pour faire de recommandations de jeux et pour placer des bannières publicitaires. Au final, tout le monde y gagne.

L’interface de Openfeint sur iPhone

Pas étonnant que le principe ait connu un tel succès et que de nombreux autres éditeurs se soient engouffrés dans la brèche : Ngmoco avec Plus+, Chillingo avec Crystal, Gameloft avec GameloftLive ou encore ScoreLoop. Arrivé très tardivement sur ce créneau, Apple n’est pas en reste avec son GameCenter.

Plus récemment, Amazon a également lancé un service équivalent baptisé GameCircle : Announcing Amazon GameCircle, A New Gaming Experience for Kindle Fire.

À chaque fois, la promesse est la même : mieux profiter de vos jeux avec vos amis sur toutes les plateformes disponibles. Une posture qui a particulièrement plu à Zynga puisqu’il éditent maintenant une ligne de jeux multi-palteforme : Zynga With Friends. La finalité de ces plateformes sociales est donc de vous faire passer plus de temps sur plus de jeux. Le raisonnement est tout simple : plus les joueurs sont exposés et plus il y a de chance d’augmenter l’ARPU. Ce n’est ainsi pas un hasard si Facebook permet maintenant dez tester ses jeux en mode invité sans avoir l’obligation de s’inscrire : Facebook tests ‘start now’ option to allow users to begin playing games without authorizing permissions.

L’enjeu est énorme, et les opportunités de revenus très élevés. Voilà pourquoi le japonais Gree a mis la main l’année dernière sur Openfeint : Japan’s Gree buys OpenFeint mobile social game platform for $104M. Le résultat s’appelle maintenant Gree Come Play et n’est disponible pour le moment qu’aux États-Unis. Vous pouvez néanmoins télécharger l’application, mais votre profil Openfeint ne sera pas repris, il va vous falloir tout recommencer à zéro (liste d’amis…).

La version européenne de Gree

Quel dommage, car la plateforme est pourtant très populaire au Japon. Elle propose notamment des fonctions sociales plus complètes comme le tchat et l’achat d’items virtuels.

La version japonaise de Gree

J’imagine qu’ils vont remédier à ça très rapidement et que la force de frappe du géant japonais va permettre d’accélérer le recrutement de joueurs. Des partenariats ont d’ailleurs été signés en ce sens : Gameloft’s & GREE’s New Social Card Game “Gang Domination” Now Available for Mobile Devices Worldwide et GREE Advertising and MobPartner Team Up in Mobile Ads.

Difficile pour le moment de dire où tout ceci va nous mener, mais je pense que les éditeurs ne vont pas tarder à sortir du cadre des fonctions sociales pour aller un peu plus loin. C’est ainsi le cas chez Microsoft avec son application My Xbox Live qui permet d’utiliser votre smartphone comme un contrôleur supplémentaire : Xbox Live for iPhone adds option to control Xbox 360 with Companion support.

Savez-vous s’il existe des choses équivalentes sur des plateformes mobiles ouvertes comme Android ?

Auchan ouvre enfin son centre commercial 3D Aushopping

Le commerce en ligne entretient une relation particulière avec la 3D depuis de nombreuses années. Outre les multiples expérimentations de modules 3D et univers immersif, nous avons déjà pu voir il y a quatre ans une tentative intéressante de portail marchand avec de la 3D (Potoroze ouvre ses portes). Ce portail est maintenant fermé, mais je savais que Auchan travaillait sur la finalisation d’un projet plus ambitieux depuis plusieurs années (Compte-rendu du salon Ecommerce Paris 2010). Si le module 3D était déjà en test, le portail est maintenant ouvert au grand public depuis le mois dernier : Les nouveautés dans le centre commercial 3D Aushopping.

Aushopping est donc un portail marchand complet proposant à la fois une dimension sociale et un environnement 3D. La réalisation de la partie 3D a été assurée par Idées 3Com, également impliqué dans d’autres projets comme Angers 3D.

La page d’accueil de Aushopping

Un grand nombre de produits sont bien évidemment disponibles à la vente, ce portail bénéficiant des filières marchandes du groupe Auchan. Par contre, l’environnement 3D n’est pas en reste, car de nombreuses enseignes sont déjà présentes : Auchan, Boulanger, Castorama, La Poste ou Banque Accord… La partie 3D est toujours en bêta, ainsi les fonctionnalités et le nombre vont augmenter au fil des mois.

Tout commence donc par l’inscription sur le portail (possibilité de se connecter avec votre compte Facebook) et l’installation du viewer (un fichier de 17 Mo). Après ça, votre avatar peut enfin fouler les allées virtuelles de la galerie marchande :

La place centrale de Aushopping

La première impression est plutôt familière, car le rendu 3D est très proche de ce que l’on trouve dans Second Life. L’accueil des avatars se fait sur une place centrale avec une petite dizaine de boutiques, la galerie marchande sera donc organisée en multiples hubs connectés les uns aux autres par des passerelles. Comme précisé, les fonctionnalités sont assez classiques : tchat, personnalisation de votre avatar… Les déplacements se font avec les flèches du clavier et on se retrouve assez rapidement à visiter les premières boutiques, en l’occurrence une banque :

Visite d’une banque virtuelle dans Aushopping

L’espace au sein de cette banque n’est pas très grand, mais les comptoirs sont là pour faciliter le repérage entre les différents services. Des robots sont là pour vous renseigner à l’aide de dialogues pré-enregistrés. J’imagine qu’il va bientôt y avoir une possibilité de prendre RDV pour dialoguer avec un vrai conseiller (ou du moins son avatar).

Discussion avec la guichetière virtuelle de la banque (virtuelle)

Vous noterez que les textes sont quasi illisibles, ça doit sans doute être du au moteur de rendu des contenus 2D, donc pas grand-chose à craindre de ce côté-là, ça devrait être rapidement amélioré.

Les temps de chargement entre les boutiques ne sont pas très longs, et l’on retrouve facilement ses marques. La boutique Hifi est ainsi organisée à peu près de la même façon :

Une boutique de Hifi dans Aushopping

La consultation des produits se fait au travers d’une interface façon coverflow avec des fiches produit simplifiées, mais toujours aussi illisibles.

Consultation des produits dans une boutique de Aushopping

Au final, je constate que cette galerie marchande 3D remplit bien sa promesse : l’environnement 3D restitue bien les volumes et le plug-in ne plante pas. Donc d’un point de vue technique, tout fonctionne.

La question que je me pose maintenant est de savoir quelle est l’utilité de cette galerie en 2012. Il existe en effet des choses beaucoup plus spectaculaires, comme la galerie 3D de Home, ou des galeries plus pratiques d’accès, comme celle du Yogurtistan qui ne nécessite pas l’installation d’un plug-in. Dans l’absolu, quitte à télécharger un plug-in de près de 20 Mo, autant ouvrir une galerie marchande dans Second Life.

Ceci étant dit, l’important pour Auchan n’est pas de générer des bénéfices avec sa galerie marchande virtuelle, mais plutôt d’acquérir de l’expérience sur le processus de vente dans un environnement 3D. J’imagine que vous regardez tout ça d’un air perplexe, mais je reste persuadé que les mentalités vont changer quand Apple sortira sa nouvelle TV (Apple se lançera-t-il dans le shopping 3D ?). Comme à chaque fois que Apple lance une innovation disruptive, les concurrents mettent plusieurs années à rattraper leur retard. Avec Aushopping, Auchan aura certainement beaucoup moins de retard que les autres.

(via LSA)

Zynga fait le plein de nouveautés et distance la concurrence

La semaine dernière, se tenait à San Francisco la grande conférence annuelle de Zynga. Pour celles et ceux qui viennent de nous rejoindre, Zynga est une startup qui n’existait pas il y a 5 ans et qui revendique maintenant le titre de champion des jeux sociaux. Avec les annonces qui ont été faites la semaine dernière, Zynga s’impose comme le leader incontesté de cette catégorie avec une avalanche de nouveautés :

Comme vous pouvez le constater, Zynga semble donc appliquer la stratégie du tapis de bombe pour laminer la concurrence. Les plus observateurs auront remarqué que les derniers titres présentés placent Zynga dans une guerre ouverte avec Electronic Arts sur des licences prestigieuses comme SimCity et The Sims (Zynga and EA: Dog chasing tail).

Outre tous ces jeux, Zynga a également annoncé le lancement de Connecting with Friends, une couche sociale multi-plateforme permettant de faire des parties synchronisées quelle que soit le terminal (ordi, iPhone, Android…) : Zynga unleashes the Zynga Friends Network and new play across more genres et Connecting with friends anytime, anywhere.

Et pour finir, ils ont également annoncé la possibilité pour les développeurs externes de faire héberger leur jeu sur la plateforme Zynga et de bénéficier des mêmes leviers de monétisation et de viralisation : Zynga Wants to Sell Its Technology, Not Just Its Games.

Comme préciser plus haut, c’est donc une authentique démonstration de force à laquelle s’est livrée le géant californien du jeu social : non seulement ils nous démontrent qu’ils ont finalement réussi l’intégration des différents studios de développement des sociétés rachetées au cours des dernières années (avec des nouveaux jeux tous les mois), mais ils affichent clairement leurs ambitions sur le mobile et surtout leur volonté de rentabiliser leur plateforme technique.

La démonstration de force est réussie, mais ne semble pas impressionner les marchés financiers (le cours de l’action reste très bas). Peut-être est-ce le signe d’un scepticisme latent des analystes à voir Zynga maintenir un tel rythme de croissance et surtout d’assumer cette diversification à outrance…

Nintendo se lance dans les univers virtuels avec Miiverse

Jusqu’à présent, Nintendo avait été très discret en matière d’environnement virtuel (si ce n’est la très limitée chaîne Mii). Une discrétion qui profite aux consoles concurrentes qui proposent des choses bine plus poussées comme sur la PS3 (Sony lance une nouvelle version de son univers Home) et la Xbox (Microsoft en quête de compétences pour sa future plateforme virtuelle sociale).

Lais les choses vont changer avec la nouvelle console de Nintendo, la Wii U, qui proposera son univers virtuel intégré : le Miiverse.

Concrètement, dès l’allumage de la console, les joueurs se retrouveront sur le Wara Wara, une sorte de place des Mii où se croiseront les avatars de vos amis.

Retrouvez vos Mii dans le futur Miiverse

Vous aurez la possibilité d’envoyer des messages ou des dessins à l’aide du gamepad :

Envoyez des messages aux autres joueurs avec le gamepad

Enfin, certains jeux seront compatibles avec le Miiverse, ce qui laissera la possibilité aux joueurs de laisser des messages ou des commentaires à certains endroits :

Les commentaires des autres joueurs au sein de Super Mario

Force est de constater que le système est plutôt bien rôdé et que l’utilisation sera suffisamment intuitive pour susciter l’adhésion du plus grand nombre de joueurs. Ici, la vidéo de présentation officielle par le patron de Nintendo :

La future console de Nintendo va donc rattraper son retard vis-à-vis des autres concurrents avec cet univers virtuel cohérent (par rapport aux valeurs de la marque) et surtout intégré à son écosystème. La firme japonaise précise par ailleurs que le Miiverse sera dans un second temps ouvert à l’extérieur grâce au Nintendo Network (la plateforme communautaire qui servira également de réseau de distribution) et grâce à des applications disponibles pour smartphones et tablettes (dont on ne sait pas grand-chose pour le moment).

Le Miiverse dans l’écosystème Nintendo

C’est donc une initiative très intéressante, mais dont seul Nintendo va pouvoir bénéficier. L’écosystème de Nintendo est effectivement extrêmement fermé (encore plus que celui d’Apple !) et surtout très contrôlé, car la Wii vise un public familial. Il y a donc très peu de chances de voir débarquer des annonceurs dans le Miiverse, mais peut-être sur le Nintendo Network.

Pendant ce temps là, Microsoft a choisi d’autres pistes avec notamment le lancement en début d’année de Flight, la version freemium de Flight Simulator (Microsoft Flight Available Now, Free To Play). Par contre tente, la firme de Redmond a profité du salon E3 pour annoncer le lancement prochain de services en dual screen exploitant les smartphones et tablettes en même temps que la Xbox (Microsoft a dévoilé Xbox SmartGlass pour Windows 8, Windows Phone et autres appareils mobiles).

Je suis plus qu’impatient de voir dans quelle mesure les fabricants de consoles vont réussir à intégrer la dimension SoLoMo dans leur stratégie et à proposer une expérience de jeu multi-écran. Nous allons très certainement assister à des expérimentations très enrichissantes…

Everfeel lance le premier environnement virtuel émotionnel

Voilà bien longtemps que je m’intéresse aux univers virtuels, presque 5 ans. Depuis Second Life, je dois bien vous avouer ne pas avoir trouvé grand-chose capable de me surprendre. Et pourtant… J’ai enfin pu tester Everfeel hier, et l’expérience a été incroyable ! Annoncé comme un jeu social d’aventures émotionnelles, le principe est de placer les joueurs dans un environnement virtuel immersif et de les laisser vivre une situation de vie en prenant la parole pour improviser un dialogue avec un autre joueur.

Sélectionnez un autre joueur et une scène avant de prendre le micro et d’improviser

Dit comme ça, le concept peut sembler étrange, mais je peux vous assurer qu’il est tout simplement révolutionnaire. Le fondateur de ND Interactive, Tobias Nevin, décrit son concept comme de l’Emotion on Demand : “Nos divertissements digitaux sont aujourd’hui divisés entre les univers fictifs (séries, jeux vidéo, films), et les plateformes et réseaux sociaux d’échange et de dialogue comme Facebook ou les millions de blogs. Puisque les gens ont tant à partager, notre idée a été de proposer des aventures dans lesquelles chacun puisse parler de vive voix et exprimer sa personnalité et sa créativité. Après avoir testé notre concept pendant plus d’un an les résultats sont étonnants. Deux personnes anonymes qui échangent sur un sujet fictif sont rapidement à l’aise et s’expriment spontanément comme elles aimeraient souvent le faire dans leur quotidien. Notre concept est simple : osez vous lâcher, c’est sans conséquence !“.

Comme vous l’aurez compris, il n’est ici pas question de découper des zombies ou de faire pousser des carottes, mais plutôt de vivre des émotions. Pour cela, le jeu met en scène votre avatar dans des scènes de la vie de tous les jours avec un contexte dramatique : une rupture dans un couple, une situation de survie, un passant agressif…

La scène de rupture est particulièrement éprouvante d’un point de vue émotionnel

Vous commencez donc par choisir votre avatar et vous êtes plongé dans un environnement 3D immersif où vous devez jouer un rôle (avec un traitement graphique proche du cell shading). Dans la scène de la rupture, la femme est ainsi censée demander à l’homme de s’engager plus formellement dans leur couple, alors que lui doit prendre ses distances pour annoncer une rupture. Une fois le décor planté, il ne vous reste plus qu’à parler dans le micro pour improviser et rentrer dans votre personnage. Le mouvement des lèvres de votre avatar est calqué sur votre parole, de même que les prises de vue (sur votre avatar quand vous prenez la parole, sinon en plan large si les deux parlent en même temps). Encore plus fort, le langage corporel des avatars est fonction de l’intonation de votre voix (ex : les bras croisés et la tête baissée si vous avez un ton plaintif). Si le dialogue est homogène et conforme aux rôles prédéfinis, vous gagnez plus de points.

Une scène de vie dans Everfeel : faut-il aider cette femme ivre ?

Passé le moment d’incompréhension ou de gêne (je vous rappelle que vous dialoguez avec un ou une inconnue), je peux vous assurer que cette scène a provoqué en moi de vives émotions en réveillant des souvenirs de ma jeunesse. Les scènes sont courtes (moins de deux minutes) pour garder un certain rythme et les situations sont toutes particulièrement bien choisies pour faire vibrer vos cordes émotionnelles, voilà pourquoi le jeu est réservé aux plus de 16 ans.

Vous aurez naturellement le réflexe de mesurer vos propos lors des premières tentatives, mais le jeu vous encourage fortement à vous lâcher pour les suivantes, émotions fortes garanties ! Rassurez-vous, il n’y a pas que des engueulades de couple à jouer, vous pouvez aussi être confronté à un crash d’avion :

Comment s’organiser après un crash en avion ?

Pour le moment il n’y a que trois scènes disponibles, mais je sens un potentiel gigantesque, car la décharge émotionnelle vécue à chaque scène est sans commune mesure avec ce que vous avez pu connaitre sur d’autres jeux (même Silent Hill 2 qui est pourtant une référence).

De plus, une fois la plateforme finalisée, elle offrira d’évidentes possibilités de monétisation avec des scènes sponsorisées, des simulations d’entreprise ou même des serious games (cf. Des outils de simulation toujours plus réalistes). Nous pourrions ainsi tout à fait envisager les scénarios suivants :

  • Vous faire revivre (ou vivre en avant-première) une scène-clé d’un film ;
  • Vous préparer à un entretien de licenciement ou une négociation ardue ;
  • Vous faire prendre conscience de telle ou telle situation dramatique (ex : la solitude sociale des personnes en situation de handicap)…

Bref, les possibilités sont innombrables et je me réjouis que Everfeel soit sélectionné pour la Startup Competition de LeWeb à Londres (Cocorico !). Vous aurez donc compris que je vous engage fortement à tester au moins une scène pour bien appréhender le potentiel de la plateforme.

La revanche des casual MMOs

Aviez-vous remarqué à quel point le secteur des jeux vidéo était chaud ces dernières années ? Entre les jeux mobiles, les jeux sociaux, les advergames, la gamification… les jeux sont partout. Et s’il y a bien un créneau qui a explosé récemment, c’est bien celui des social games. Pour vous éviter une longue explication, disons que le succès fulgurant des jeux sociaux est principalement dû au fait qu’ils s’adressent à une catégorie de la population jusqu’alors peu ou pas intéressé par les jeux. Le problème est qu’après l’introduction en bourse de Zynga et l’arrivée sur le secteur de gros acteurs (EA, Disney…), il ne reste quasiment plus de places à prendre.

Nous sommes donc dans une situation de saturation du marché, et pour pouvoir trouver de nouveaux leviers de croissance, il faut être en capacité de proposer un nouveau produit au marché (autre que les casual ou social games). C’est là où les jeux multijoueurs synchrones rentrent en scène : ils proposent un gameplay susceptible de séduire à la fois les joueurs traditionnels et les joueurs occasionnels. Ça tombe bien, car les dernières avancées technologiques ouvrent de nouveaux horizons aux éditeurs (cf. Le paysage des Rich Internet Games se diversifie et Les jeux en HTML5 deviendront-ils une réalité ?). De plus, avec la mode des jeux indépendants, une nouvelle vague de jeux multijoueurs est en train de conquérir les internautes et de grignoter des parts d’audience.

Loin de moi l’idée de jouer les historiens, mais je pense que tout à commencer avec le portage de jeux FPS dans le navigateur, à l’image de Quake Live ou de UberStrike (née Paintball Paradise), développé par un éditeur français (du moins en partie) qui a su surfer sur le succès de Facebook .

Une arène de jeu de UberStrike

Tout l’intérêt de ces jeux est de proposer un gameplay nerveux, proche de ce que l’on connait déjà, mais accessible en quelques secondes depuis son navigateur. Sur le même principe, on trouve même des choses beaucoup plus vintage comme MMO Asteroids.

Asteroid dans votre navigateur avec vos amis (mais sans les astéroïdes)

vous noterez que ces titres ont une approche très casual du jeu, il n’est pas ici question de séduire les joueurs réguliers, mais plutôt d’adresser des nostalgiques qui ont décrochés ou des récents convertis aux casual ou social games. Les titres présentés plus haut ne sont ainsi pas vraiment concurrents des jeux en ligne d’envergure comme Runescape ou Battlestar Galactica Online (cf. 10 Free Browser MMORPG).

Sur cette lancée, nous commençons également à voir apparaitre des jeux en free-to-play qui s’inspirent ouvertement d’autres titres et proposent un gameplay très accessible pour séduire le plus de joueurs possible. C’est ainsi le cas de Brick Force, un mélange de Counter Strike et de Minecraft :

Dans le même genre, il y a aussi Altitude, un clone multi-joueur de Min Squadron : Altitude, 2D Side-Scrolling Airplane Shooter Game.

Ces titres vont-ils révolutionner l’industrie du jeu vidéo ? Non, il y a très peu de chance. Par contre je vois émerger une tendance assez nette : la mise sur le marché de jeux multijoueurs très faciles d’accès exploitant des recettes déjà éprouvées dans l’objectif de séduire le plus grand nombre. Il serait ainsi tout à fait envisageable d’imaginer une version allégée d’un jeu à laquelle il serait possible de jouer directement dans votre navigateur en quelques clics, financé par des bannières ou de l’affiliation. Une fois séduit par le gameplay, l’éditeur vous proposerait alors de passer à une version téléchargeable du jeu, plus sophistiquée, avec des contenus monétisés. Il ne lui restera alors plus qu’à proposer une version mobile pour diversifier ses revenus.

Cette approche d’engagement progressif pourrait très bien être envisagée dans le cadre d’un advergames et d’un serious game : une version édulcorée du jeu disponible en ligne pour attirer le chaland et une version plus complète proposer en téléchargement ou sur les terminaux mobiles. Cela demande plus de travail, certes, mais cette approche permet d’élargir les joueurs potentiels et de toucher des cibles jusqu’alors inaccessibles. Je pense que nous n’allons pas tarder à voir arriver sur le marché des jeux sponsorisés ou du placement produit. À suivre…

Le Yogurtistan veut révolutionner le virtual shopping et le système monétaire

En règle générale, les innovations que je décris sur ce blog sont originaires de la Silicon Valley (Second Life, Zynga…) ou de la France (Prizee, Kobojo, …). Quoi que, j’ai déjà eu l’occasion de vous parler de la Turquie, un pays surprenant par son dynamisme dans le domaine des environnements virtuels (À la découverte de Sanalika, le social MMO turc). La Turquie est à nouveau à l’honneur grâce à Cemil Turun, un entrepreneur de renom qui a fait forte impression en présentant son projet Yogurtistan lors de la dernière édition de la conférence DEMO :

Pour résumer une longue histoire, Yogurtistan est un environnement virtuel propulsé par un moteur 3D Flash (Yogurt3D) auquel on se connecte avec son compte Facebook pour retrouver ses amis dans une galerie marchande virtuelle.

La galerie marchande virtuelle de Yogurtistan

Comme vous pouvez le constater, il y a donc de fortes similitudes entre ce Yogurtistan et un univers comme Mamba Nation ou Home (si ce n’est que vous n’avez pas besoin d’une PS3). Soit, mais la réalisation a tout de même l’air soignée et les premiers annonceurs sont déjà là : Quicksilver, Coca-Cola, Migros…

Exemple de boutique virtuelle dans Yogurtistan

Outre ce côté virtual shopping, ce projet présente également une ambition bien plus importante : exploiter une monnaie virtuelle (la Kayme) qui soit progressivement reconnue dans et en dehors de l’environnement : Au Yogurtistan, une monnaie valable en ligne et hors ligne. L’idée est de s’appuyer sur un programme de points de fidélité qui seraient convertibles en monnaie virtuelle (et inversement). Ainsi, les commerçants qui ont adhéré à ce programme de points de fidélité pourraient accepter des paiements en kayme. Un sacré pari, mais qui met en confiance le fondateur, car selon lui, son projet est plus agile que d’autres sociétés comme Facebook qui ne bougent pas assez vote pour pouvoir arriver à déployer une monnaie en/hors ligne.

Pour le moment l’environnement est en bêta privée et il est compliqué d’avoir une invitation (j’ai pourtant essayé avec insistance).

L'interface de Yogurtistan

Comme vous l’aurez compris, Yogurtistan n’est qu’un prétexte à un projet bien plus ambitieux dont on ne devine à peine les contours. Vous noterez qu’en ce moment les projets de monnaie en/hors ligne sont à la mode, notamment depuis que le gouvernement canadien a annoncé vouloir lancer MintChip, sa propre instance de BitCoin : Canada To Launch Its Own Version Of BitCoin Called MintChip.

Les social serious games sont à la mode avec Kompany et Chem-Next

Dans mes prédictions pour l’année 2010, j’avais parié sur la montée en puissance des social serious games. Comme vous avez pu le constater, j’étais un peu optimiste sur ce coup là. Il n’empêche, deux ans plus tard, les premiers jeux sociaux BtoB d’envergure commencent enfin à voir le jour. Certes, nous avions déjà des choses très intéressantes comme Plantville, mais c’est une application autonome. Les choses commencent enfin à bouger avec Konpany, le premier jeu de simulation d’entreprise sur Facebook. Non seulement Kompany est édité par une société française (Ouat Entertainment), mais des partenaires très prestigieux se sont associés au projet comme EDF, Mazda, Manpower, le Crédit Agricole ou Microsoft.

L'écran de jeu de Kompany sur Facebook

Le concept est de proposer une approche ludique et sociale de l’entrepreneuriat pour découvrir le monde de l’entreprise, ses métiers et son écosystème. L’objectif du jeu n’a rien de très original (créer sa société et la faire grossir jusqu’à en faire une multinationale), mais l’éditeur revendique un gameplay “responsable” qui met l’accent sur l’environnement.

Ce jeu repose sur un modèle économique innovant, des partenariats exclusifs de placements de marques. Vous retrouvez ainsi différents annonceurs mis en scène de façon très judicieuse :

  • EDF fournit l’électricité et conseille sur l’amélioration des performances énergétiques des installations ;
  • Le Crédit Agricole s’occupe de financer le développement international ;
  • Mazda fournit la flotte automobile des commerciaux ;
  • Manpower se charge de recruter de nouveaux collaborateurs ;
  • Microsoft fournit les outils informatiques…

Bref, nous avons donc un produit intelligent avec une approche novatrice, que je cautionne à 100%.

Autre exemple avec Chem-Next, un jeu pour assurer la promotion de la filière chimie (Chem-Next : un jeu en ligne, pour augmenter l’attractivité de la chimie auprès des jeunes). Édité par INTERFORA IFAIP, le jeu se veut être un parcours ludique pour faire découvrir les différentes applications de la chimie de notre quotidien ainsi que les bonnes pratiques pour réduire l’impact sur l’environnement.

L'interface de Chem-Next

Le jeu vous place dans le rôle d’un expert fournissant des conseils au Maire pour développer sa ville en tenant compte des impacts environnementaux et en complétant diverses missions. Les joueurs amassent également des points et passent des niveaux en complétant des quizz ou en répondant à des questions précises sur la chimie. Cerise sur le gâteau : un des objectifs du jeu est de gagner une visite à Saint-Fious, au coeur de la vallée de la chimie (ça change de Las Vegas).

Encore un très bel exemple de jeu intelligent, mais avec une finalité différente. Dans les deux cas, vous apprécierez la qualité de la réalisation et l’intégration à Facebook, dans la norme de ce que l’on trouve chez les autres éditeurs. Si vous cherchez des leviers de promotion et de visibilité BtoB originaux, ne cherchez pas plus loin.

La prochaine étape logique sera de proposer des social serious games sur LinkedIn, j’ai hâte !

Second Life se repositionne vers plus de simplicité, de jeux et d’expériences virtuelles

Ces derniers temps je parle plus de social games que de Second Life qui n’en finit plus de se remettre de sa crise de croissance (Second Life fête ses 8 ans, quel bilan de cette période ?). Si le rôle qu’a joué Second Life dans l’évolution du web et des jeux en ligne est indéniable (Quel est l’héritage de Second Life ?), force est de constater que relancer la machine n’est pas chose facile. Après plusieurs changements de direction, il semblerait qu’avec l’arrivée du nouveau CEO (Rod Humble, anciennement en charge des Sims et de EverQuest) Second Life soit en train de finaliser un retour gagnant. Un gros travail d’introspection a été mené pour définir une nouvelle road map et une proposition de valeur crédible : CEO Rodvik Humble Shares Highlights From 2011 and his Outlook for 2012.

Plusieurs chantiers ont ainsi été menés à terme en 2011 : la sortie de la version 3 du viewer, la consolidation de la marketplace, le déploiement des meshs sur la grille principale et le lancement de Linden Realms, le laboratoire de jeux de Linden Lab.

Linden Realms, l'île de jeux de Second Life

L’arrivée du nouveau CEO donne donc un second souffle à la plateforme qui en a bien besoin (l’univers a enregistré une moyenne de 24.000 nouveaux utilisateurs par jours en fin d’année dernière). De nombreux projets persistent (South Carolina middle school classes go virtual), mais la concurrence est particulièrement rude, notamment de la part des OpenSim (avec des offres packagées comme celle de Kitely : Kitely brings Facebook, instant regions to OpenSimKitely, open source virtual worlds simplified) ou de Minecraft (Minecraft = Second Life + Lego universe – 24 bits).

Toujours est-il que les grandes lignes du nouveau positionnement de Second Life sont tracées : Linden Lab: “The Weirder The Better”. Les chantiers de 2012 seront donc les suivants :

  • Une prise en main facilitée avec un processus d’inscription ultra-rapide et un certain nombre d’avatars prêts à l’emploi ;

    Le nouvel écran d'inscription
  • Un accueil des nouveaux moins intimidantavec une dizaine d’îles spécifiquement dédié aux premiers pas des résidents ;

    Beaucoup de monde à l'accueil des nouveaux
  • Une orientation forte vers les jeux avec des destinations thématiques (Vampire & Goth, Pirates, Sci-Fi, Fantasy…) et d’autres expérimentations sur Linden Realms;

    Une île dédiée au thème des pirates
  • Des outils de développement plus sophistiqués pour libérer la créativité des builders ;
  • L’enrichissement de l’offre premium avec notamment des îles réservées aux résidents payants comme Wilderness ;
  • Des expériences virtuelles transmédia avec notamment l’acquisition d’une startup spécialisée (Linden Lab Acquires Game Studio LittleTextPeople To Build Beyond Second Life).

C’est très certainement cette dernière annonce qui m’interpelle le plus. Avec l’acquisition de LittleTextPeople, Linden Lab se dote d’une agence capable de réaliser des campagnes transmédia incluant des environnements virtuels. Une offre particulièrement alléchante pour des marques qui ont des histoires à raconter (ex : Dior qui pourrait décliner sa dernière campagne) ou des messages à faire passer (ex : Areva qui voudrait expliquer plus en détail les mesures prises pour renforcer la sécurité des centrales nucléaires). J’imagine que la finalisation du Web Viewer s’inscrit également dans cette démarche (Second Life disponible dans votre navigateur).

Comme vous pouvez le constater, Second Life est bel et bien de retour dans la course avec une offre ambitieuse et une proposition de valeur crédible. Vivement la suite !