Diversification forcée pour Zynga

En ce moment le cours de bourse de Zynga se porte plutôt bien (largement au-dessus du cours d’introduction). Il faut dire que les nouvelles sont bonnes : la diversification du leader mondial des jeux sociaux semble enfin prendre forme. Souvenez-vous qu’à une époque pas si lointaine, Zynga avait bien du mal à mettre en oeuvre cette fameuse diversification et souffrait de nombreuses lacunes (dépendance à Facebook, gameplays usés jusqu’à la corde, gros retard sur les terminaux mobiles…). Il semblerait que cette mauvaise passe soit de l’histoire ancienne car :

Avec le futur nouveau Zynga.com, ils vont enfin pouvoir commencer à s’éloigner de Facebook. Cette future plateforme hébergera dans un premier temps u nombre limité de jeux (CastleVilleWords With FriendsCityVilleHidden Chronicles et Zynga Poker) auquel vous pourrez jouer avec votre profil Zynga (ou avec Facebook Connect). Il y aura également une liste d’amis (zFriends), une monnaie virtuelle (zCoins), du tchat et même l’équivalent du ticker de FB.

Plus intéressant : cette plateforme proposera également les jeux d’autres éditeurs (qui bénéficieront des leviers de marketing et de monétisation de Zynga) qui pourront même être hébergés sur la plateforme technique de Zynga (zCloud). Peu de détails ont filtré, mais il semblerait que cette fameuse plateforme technique est au coeur de la stratégie de Zynga, car elle proposera une bien meilleure expérience aux joueurs grâce à plus de rapidité et surtout beaucoup plus de souplesse (Zynga launches Zynga.com, to expand beyond Facebook in a big way).

Les mauvaises langues pourront dire que cette diversification arrive de justesse, car l’édifice commençait à se fissurer : une audience en baisse (The End of the Facebook Gaming Boom?), des techniques de sur-monétisation dévoilées au grand jour (How Zynga Pampers The People That Spend Thousands Of Dollars On Its Facebook Games) et une concurrence toujours mieux organisée avec Tagged / Hi5 et Mindjolt / SGN (MySpace Co-Founder Chris DeWolfe Explains SGN’s New Name, Multi-Platform Plans).

Quoi que l’on puisse en dire, cette nouvelle plateforme de jeux est une très bonne nouvelle pour Zynga, surtout avec la généralisation des Timelines pour les marques qui parachève la transformation de Facebook (qui ne laisse plus trop de place aux applications). C’est donc grâce à cette plateforme que Zynga va aller chercher des relais de croissance, une situation ironique, car il y a quelques années Zynga se targuait justement d’être au coeur de l’action (sur Facebook) et de proposer des mécaniques sociales plus performantes que les concurrents qui gravitaient autour comme OMGPOP ou CasualCollective.

Au final, il semblerait que l’idée d’exploiter son propre portail de jeux n’est pas si bète. En ce sens, Zynga se conforme donc au modèle de ses illustres ancêtres comme PopCap, Pogo ou encore Shockwave.com (qui a été lancé en 1999 je vous le rappelle). Espérons simplement qu’avec cette nouvelle indépendance ils ne vont pas réitérer leurs erreurs de jeunesse (Scamville, ou pourquoi les social games ne sont pas la poule aux oeufs d’or).

Mise à jour (06/05/2012) : La diversification s’accélère puisque Zynga a depuis racheté OMGPOP et lancé un nouveau jeu (Slingo, un mélange de bingo et de machine à sous).

SimRaceway veut devenir le World of Warcraft de la simulation automobile

Connaissez-vous SimRaceway ? Il s’agit d’un jeu de simulation de course développé par Ignite. La particularité de ce jeu est qu’il est jouable en ligne et qu’il est gratuit. Soit, il existe de nombreux titres en Free-to-Play, mais celui-ci à l’ambition d’être aussi réaliste et complet que Gran Tourismo et de conquérir plus de joueurs que World of Warcraft. Peuvent-ils y arriver ? Certainement : Ignite raises $5M to become the World of Warcraft of car racing.

L'interface de jeu de SimRaceway

D’une part la thématique de la simulation automobile touche beaucoup plus de monde que l’heroic fantasy. D’autre part, car la prise en main d’un jeu de conduite est quasi-immédiate, même si finir une course en tête est déjà nettement plus complexe.

L’approche de l’éditeur est donc de distribuer le jeu gratuitement et de proposer par la suite des offres à tiroirs : Des circuits additionnels, des voitures, des challenges… et même un contrôleur particulièrement convainquant (SWR-S1 Simraceway : un volant PC à capteurs de mouvements chez SteelSeries).

Le contrôleur de SimRaceway

Un certain nombre de constructeurs sont déjà présents dans le jeu avec des marques prestigieuses (Bugatti, Maserati, McLaren, Bentley…), mais également des marques courantes (Alfa-Roméo, Renault, BMW, VW, Ford). Et c’est là où ce jeu trouve tout son intérêt : Autant il est impossible de caser une marque dans World of Warcraft, autant ce jeu est un support de promotion exceptionnel pour les constructeurs automobiles. Il est ainsi tout à fait envisageable que les marques financent une partie des développements du jeu avec des opérations de placement de produits ou de visibilité. Elles pourraient même proposer des tests et des avant-premières.

Votre garage dans SimRaceway

Ce n’est pas la première fois que les constructeurs automobiles exploitent les jeux vidéos, mais c’est certainement le jeu avec le plus d’ambition et le modèle le plus intéressant. Sur ce créneau, SimRaceway n’est pas seul, car il y a également Gameloft qui lancé le très impressionnant GT Racing sur Google+ (auquel il est possible de jouer directement dans le navigateur : Gameloft floors it onto Google+ with GT Racing Motor Academy) ou encore les nombreux titres de street racing (ex : Drift City) ou des advergames dans Facebook (BMW xDrive Challenge demonstrates what advergames, racing games can do on Facebook). Il ne faudra pas non plus négliger les éditeurs asiatiques qui ont des moyens considérables, comme par exemple Nexon qui va prochainement lancer sur titre-phare sur Facebook : Nexon Brings KartRider to Facebook. Affaire à suivre…

Pottermore pourra-til réconcilier le grand public et les annonceurs avec les environnements virtuels ?

J’ai déjà eu de nombreuses occasions de me lamenter sur la mauvaise presse que subissent les univers virtuels, pourtant des milliards d’internautes s’amusent tous les jours dans des pseudo-univers virtuels au travers des plateformes sociales pour enfants ou des social games (Quel est l’héritage de Second Life ?). Bref, la grande question est : quand le grand public va-t-il comprendre que les environnements virtuels ne sont pas réservés aux excentriques ? Une fois que le grand public aura levé les inhibitions relatives aux univers virtuels (suite au traumatisme causé par Second Life), les annonceurs s’y intéresseront également, donc les investissements vont augmenter, donc les éditeurs pourront produire des environnements beaucoup plus sophistiqués qui attireront plus de monde…

Plus je réfléchis à ce paradoxe (il n’y a jamais eu autant de détracteurs et d’utilisateurs des univers virtuels) et plus je me dis qu’un environnement virtuel massivement grand public et fédérateur comme Pottermore pourrait débloquer la situation. Pottermore est en effet un site web construit autour de l’univers de Harry Potter. Dans les faits, il s’agit d’une plateforme sociale à mi-chemin entre univers virtuel et communauté qui permet d’assurer la transition entre les livres en fin de vie et leur future version numérique. Pour le moment le service est en beta restreinte avec un petit million de testeurs, et nous ne savons toujours pas quelle sera la date d’ouverture officielle.

Les premiers retours sur l’univers sont globalement positifs, même si ce dernier peine à trouver sa place en terme de positionnement. L’univers se veut ainsi accessible à tous (enfants comme adulte) et proposer un gameplay universel qui repose sur de l’exploration et des phases de jeu très faciles à prendre en mainPottermore, les premiers pas sur le site de J K Rowling.

Concrètement, Pottermore est donc un site web où il vous faut créer un profil pour vous mettre dans la peau d’un étudiant de l’école des sorciers. Les joueurs sont ainsi amenés à revivre l’histoire dès le début :  réception de la convocation, voyage dans le Hogward Express, arrivée à l’école et attribution d’une maison, achat de fournitures…

Votre arrivée dans l'univers de Harry Potter

L’univers en lui-même est assez directif puisque les joueurs devront suivre à la lettre le cheminement du héros au travers de différentes scènes interactives où il leur faudra cliquer sur l’écran pour obtenir des informations et récolter des objets à la manière d’un point&click :

Explorez l'interface de Pottermore en cliquant sur les éléments de l'interface

Les différentes scènes reprennent les passages du livre et sont agrémentées de notes de l’auteur, un peu comme les bonus d’un DVD :

Les notes publiées par l'auteur

Des mini-jeux sont proposés pour pouvoir gagner des points d’expérience comme la préparation d’une potion qui nécessite la collecte de nombreux ingrédients :

La préparation d'une potion dans Pottermore

Les joueurs seront bien évidemment amenés à s’entraîner à lancer des sorts et à affronter d’autres apprentis-sorciers :

Lancez vos premiers sorts dans Pottermore

L’univers n’est qu’en phase beta, donc il est loin d’être achevé, mais l’on devine déjà quelle sera sa tonalité et surtout sa proximité avec les livres : Pottermore, textes inédits de J.K. Rowling, duels, potions et sortilèges. Il y aura visiblement des mini-jeux ajoutés au fur et à mesure, mais l’essentiel de la richesse se situe dans les scènes et les contenus additionnels proposés.

Votre premier Noël à Poudlard

La dynamique communautaire repose elle aussi sur la narration. Chaque joueur possède un profil public où l’on peut consulter leur progression dans l’univers, les objets qu’ils ont collectés, leurs points… Les joueurs peuvent envoyer des invitations à des amis ou en trouver des nouveaux au sein de leur maison ou en fonction de leur progression dans l’aventure.

Le profil d'un joueur et sa progression dans l'aventure

Pour le moment il n’y a pas vraiment d’espaces de discussion, mais on se doute que les salles communes des quatre maisons seront exploitées pour favoriser les interactions sociales. Il y a également une sorte de compétition naturelle entre les maisons qui va nécessairement s’intensifier avec les épreuves sportives (pas encore disponibles).

Le tableau des scores des quatre maisons

Comme vous l’avez compris, Pottermore est un environnement virtuel assez riche, mais qui n’est pas un produit fini en lui-même. Comprenez par là que l’environnement virtuel est le socle qui sert à relier entre eux les différents produits de la franchise (livres, films, jeux, ebooks…). La communauté est ainsi là pour vous inciter à passer plus de temps dans cet environnement et à vous plonger encore plus dans l’univers. Pour en savoir plus, je vous recommande le blog officiel ou la section dédiée de la Gazette du Sorcier.

Pottermore n’est donc pas un environnement isolé, mais la dernière pierre d’un plan d’ensemble très vaste. Il y a de très fortes spéculations sur ce que proposeront els versions électroniques des livres, mais connaissant les capacités limitées des liseuses (malgré le format ePub 3) et le coût de production d’applications éditorialiées, il y a toutes les chances pour que les ebooks se contentent de délivrer des incitations à vous rendre sur Pottermore ou pour acheter les différents produits dérivés. Le problème est que les liseuses électroniques sont des environnements très fermés que même une franchise comme Harry Potter ne pourra pas déverrouiller (Harry Potter And Pottermore Could Force Amazon To Open Up The Kindle). Au final, l’univers aura plus d’importance que les ebooks qui seront des produits d’appel pour convertir les lecteurs en apprentis sorciers et les inciter à acheter le reste des produits dérivés.

L’univers de Harry Potter n’est pas compatible avec le placement de produits, mais des franchises plus modernes pourraient s’appuyer sur le succès probable de Pottermore pour populariser le concept de produits culturels transmédia et permettre à l’industrie du livre de sortir de son impasse : Pottermore, Future of publishing or Club Penguin for Potter fans?.

Une fois que des centaines de millions de fans auront rejoint la plateforme, les annonceurs cesseront de regarder les univers virtuels avec condescendance (“Second Life était une connerie, maintenant c’est Facebook“) et se rendront compte de leur réel potentiel en termes d’immersion, de rétention et de transformation. Vivement la sortie officielle !

De l’immanquable convergence des univers virtuels casual et de jeux sociaux

Dans mes prédictions 2012, j’anticipe le retour sur le devant de la scène des univers virtuels. Ce qui a motivé cette prédiction est le phénomène de convergence que je constate entre les univers virtuels et les jeux sociaux. Vous noterez que cette convergence n’est pas nouvelle, car je l’avais déjà constaté il y a quatre an (Réseau social + univers virtuel + jeu en ligne = $), puis avec la vague des casual MMO et social MMO.

Certes, nous sommes en 2012 et les univers virtuels sont passés de mode (Que reste-t-il des mondes virtuels ?), mais leur héritage est néanmoins bien présent dans les plateformes sociales actuelles (Quel est l’héritage de Second Life ?). Dans tous les cas de figure, ceux qui annoncent la fin des univers virtuels sont bien ignorants, car le segment des univers pour enfants ne s’est jamais aussi bien porté avec des utilisateurs qui se comptent en centaines de millions : Top 15 Virtual Worlds.

Classement des univers virtuels pour enfants

Des univers comme Habbo, Poptropica, Club PenguinStardoll ou MoshiMonsters affichent une fréquentation et des profits records. Les éditeurs de ces univers ont donc tout intérêt à faire évoluer leur plateforme pour accompagner le vieillissement de leurs utilisateurs, notamment en y intégrant une dimension sociale plus marquée (How Disney’s Club Penguin Became the Biggest Social Network for Kids) et en proposant des versions mobiles (Club Penguin’s First Mobile App Arrives on iOS).

Donc non, les univers virtuels ne sont pas morts, et dans la mesure où ils fédéraient déjà des dizaines de millions de membres avant la naissance des réseaux sociaux comme Facebook et Twitter, il est normal qu’ils entament une migration vers un modèle plus social. Vous pouvez d’ailleurs observer cette mue auprès d’acteurs historiques comme Cyworld qui repart à la conquête du monde : Korea’s Cyworld takes second shot at going global.

Les MiniHome de Cyworld

Ce phénomène de convergence s’observe également en France avec Prizee (initialement une plateforme de casual games qui a plus tard introduit un univers virtuel casual) qui vient de lancer deux nouveaux jeux / univers “hybrides” qui sont accessibles sur le site dédié et sur Facebook :

  • Inkazee qui a ouvert en novembre dernier et exploite le monde Inca et propose 300 niveaux répartis sur 20 mondes originaux (à ce jour près de 250.000 joueurs inscrits, dont 9% seulement via Facbeook) ;

    L'interface du jeu Inkazee sur Facebook
  • Enovaa, sur le thème de l’espace qui a été ouvert le mois dernier.

    L'interface du jeu eNovaa sur son site

Je ne saurais pas vous dire si cette approche hybride est le modèle d’avenir pour les jeux casual / social, mais je fais confiance au fondateur de Prizee (Tristan Colombet avec qui j’avais eu le plaisir de collaborer il y a quatre ans et dont je vous recommande l’interview) pour mener à bien cette transformation. Visiblement toute la difficulté consiste à ne pas altérer la mécanique propre à Prizee (qui repose sur la limitation du nombre de parties et les dotations) tout en respectant les règles imposées par Facebook.

2012 sera-t-elle l’année du retour en force des social MMO ? Difficile à dire, car le marché est encore très instable. De même, tous les acteurs du social gaming n’ont pas encore dévoilé leur stratégie, notamment Zynga qui se diversifie lentement (Here’s Why Zynga Is Attacking A Brand New Audience With Its Latest Game) et le français Kobojo qui privilégie pour le moment l’internationalisation et la mobilité (Kobojo Opens Berlin Office, Preps New Game Lineup for Facebook and Mobile).

Diversification compliquée pour Zynga après son IPO

Suite à de nombreux mois d’incertitudes et de rebondissements, Zynga est maintenant côté au Nasdaq depuis ce WE. Pour le moment le cours de l’action est en dessous de son niveau d’introduction (10 $), mais se stabilise autour des 9,50$. Ce qui valorise la société légèrement en dessous des 7 milliards de $. Une très belle somme, mais sera-t-elle suffisante pour permettre à Zynga de se diversifier ? Car pour la plupart des observateurs, cette introduction en bourse est une pure stratégie de sortie pour le fondateur et les investisseurs et correspond à l’apogée de l’évolution de la société. La question que tout le monde se pose est en effet la suivante : Comment la société va-t-elle continuer à croitre ?

Plusieurs éléments sont en effet à prendre en compte pour bien comprendre la situation délicate dans laquelle ils se trouvent :

  • Zynga est aujourd’hui plus dépendant que jamais de Facebook. Une bonne et une mauvaise chose, car les déboires de Facebook (notamment les chartes de bonne conduite qui sont imposées par les gouvernements US et Allemand) risquent de pénaliser la croissance de la société. De plus, la quasi-totalité des jeux de Zynga est réalisée en Flash, or, Facebook a annoncé à demi-mot sa volonté de lancer une nouvelle version de sa plateforme d’applications en misant sur HTML5 pour conquérir les terminaux mobiles (le fameux project Spartan). Tout le problème de Zynga est que son modèle de revenu repose principalement sur la monnaie virtuelle et que ses jeux n’offrent que peu de possibilités pour les annonceurs.
  • D’aucuns considèrent que Zynga n’est pas une société à part entière avec une stratégie et une culture unifiée, mais un agrégat de studios rachetés au fil du temps. Dans ces conditions, le fait d’avoir levé beaucoup d’argent va certainement attiser les rivalités internes rallonger le processus de décision.
  • Même si la concurrence a été prise de vitesse, Zynga doit maintenant faire face à des acteurs très puissants (Electronic Arts, Disney…) qui commencent à dégainer l’artillerie lourde (EA Prepares Its Biggest Attack On Zynga: SimCity For Facebook Is Coming). De plus, la pression des concurrents asiatiques se fait de plus en plus ressentir (Tecent, Ijji…), surtout après l’introduction en bourse de Nexon le mois dernier.
  • Le succès des jeux de Zynga n’est plus à prouver, mais il repose sur des gameplays usés jusqu’à la corde (cf. Zynga à la recherche de nouvelles mécaniques de jeu). Les équipes vont donc devoir se creuser la tête pour soutenir la comparaison avec des éditeurs qui proposent des gameplays beaucoup plus sophistiqués comme Digital Chocolate (avec des cartes valables pour différents jeux) ou le tout dernier Skylanders d’Activision avec son environnement de jeu multiplateformes.
  • De même, si Zynga dispose de plusieurs titres sur iOS et commence à expérimenter des jeux sur TV connectée (Zynga Poker Debuts On Google TV), l’éditeur a accumulé du retard sur les terminaux mobiles (smartphoens, tablettes) qu’il va voir du mal à combler, surtout face aux concurrents asiatiques qui ont les dents très longues comme DeNA ou Gree (What Does Life After IPO Look Like For Zynga?), sans parler de notre Gameloft national !

Au final tout ceci ne donne que peu de leviers de croissance pour l’éditeur qui se retrouve cerner de toutes part. Cette introduction en bourse est en quelque sorte un sacré coup de poker, car Zynga semble tout miser sur sa future plateforme ouverte le Project Z. Plus que jamais, Zynga a désespérément besoin de se réinventer, les capitaux levés en bourse devraient permettre à l’éditeur de se diversifier. S’il ne le fait pas, d’autres s’en chargeront…

La sponsorisation des casual games se généralise

Si vous lisez ce blog régulièrement, alors je n’ai pas à vous faire l’article sur le dynamisme des jeux sociaux ou mobiles (ou des deux). Un dynamisme qui semble atteindre son paroxysme alors que l’introduction en bourse de Zynga est imminente. Jusqu’à présent plutôt frileux vis-à-vis des techniques de monétisation trop voyante, les annonceurs devaient alors créer leur propre jeu ou s’adosser à des jeux existants comme La Redoute. Mais les grands éditeurs semblent lâcher du lest pour succomber aux sirènes des annonceurs : FarmVille, Angry Birds Get Branded Releases. C’est le cas notamment pour Rovio, l’éditeur du célébrissime Angry Brids qui vient juste de lancer une version sponsorisée de son jeu : Get Crackin.

Angry Birds sponsorisé par Golden Pistachio

Le principe du jeu est le même, sauf qu’au lieu de détruire des cochons, vous détruisez les pistaches de l’annonceur. Comme vous pouvez le constater, l’émulation entre les deux univers (celui du jeu et celui de l’annonceur) est très faible, en tout cas beaucoup plus faible qu’avec Angry Birds Rio (tiré du film éponyme).

De même, Zynga qui avait toujours été prudent sur le sponsoring de ces jeux, intègre maintenant les annonceurs de façon beaucoup plus explicite, comme avec l’institution Discover Financial Services au sein de l’extension Winter Wonderland de Farmville.

Farmville sponsorisé par Discover

Là encore, l’intégration des deux univers est… hasardeuse, beaucoup plus qu’avec Indiana Jones dans Adventure World.

Indiana Jones utilisé dans le jeu Adventure World

Bref, l’heure n’est plus à la subtilité : il faut monétiser vite pour pouvoir croitre plus rapidement que les autres et dominer le secteur. Il est d’ailleurs amusant de constater que Zynga a fait une offre d’achat infructueuse pour Rovio (Angry Birds Turned Down A $2.25 Billion Takeout Offer From Zynga). Toutes ces histoires peuvent vous faire sourire, mais les enjeux de cette bataille sont réellement colossaux (Angry Birds Says It’s Bigger In Mobile Ads Than Google). Affaire à suivre…

Quel est l’héritage de Second Life ?

La semaine dernière, j’ai été interviewé par une journaliste des Inrocks au sujet de Second Life. Je ne sis pas trop quel est le sujet de l’article, mais elle a été très surprise de ma réponse et de mon argumentaire sur SL. Je pense que comme 99,99 % des personnes qui s’intéressent de près ou de loin au web, elle était persuadée que SL était mort et enterré. Pourtant je n’ai de cesse de répéter que Second Life n’a jamais été si intéressant. Certes, il y a eu la période faste des années 2005-2006, mais depuis un énorme travail de nettoyage / rationalisation et refonte technique a été mené à bien (Second Life fête ses 8 ans, quel bilan de cette période ?). Aujourd’hui, non seulement Second Life est une destination de choix pour l’éducation, la collaboration et l’expression artistique, mais en plus certains y gagnent très bien leur vie : Stiletto Moody, la marque virtuelle à 1M de $ de Second Life.Je profite de cet article pour aller plus loin dans ma réflexion : Le succès de plateformes virtuelles comme Home, de plateformes hybrides comme Minecraft, ou des jeux sociaux comme ceux édités par Zynga est directement hérité de Second Life.

Quand vous y réfléchissez bien, qu’est-ce que Second Life nous a appris :

  • Qu’il était possible de faire créer 99% du contenu d’un environnement virtuel par la communauté, c’est sur ce postulat que l’éditeur de Minecraft s’est lancé dans la conception d’un environnement complètement ouvert et où la communauté joue un rôle prépondérant dans l’innovation (cf. Minecraft = Second Life + Lego universe – 24 bits).
  • Qu’il y a un marché pour les annonceurs souhaitant transposer leur marque dans un environnement virtuel où ils peuvent exprimer pleinement leur créativité. C’est d’ailleurs ce créneau que Sony exploite avec l’univers virtuel de la Playstation (cf. Sony lance une nouvelle version de son univers Home).
  • Que les utilisateurs sont demandeurs d’instants de détente où ils peuvent équiper leur double virtuel d’accoutrement et accessoires fantasques. La fortune de Zynga a été bâtie sur la vente d’objets virtuels (cf. Nouveaux jeux et nouvelles ambitions pour Zynga).

Malgré tout ce que vous pouvez penser ou lire sur le déclin annoncé de Second Life, cet univers virtuel était précurseur et a permis de développer de nombreux usages dont d’autres profitent aujourd’hui. Son héritage est donc beaucoup plus important que vous ne le pensez. Vous pourriez éventuellement continuez à vous moquer des (rares) annonceurs encore présents dans Second Life, à l’image du Conseil Général du Jura (cf. Présentation de Second Jura), mais vous passeriez à côté d’un élément moteur de la présence d’une marque dans un environnement virtuel : l’expérience.

Le Jura représenté dans Second Life

Tout l’intérêt d’avoir été, et d’être encore présent dans Second Life, est d’acquérir de l’expérience sur la meilleure façon de valoriser sa marque, ses produits et sa présence dans un environnement virtuel en 3D. Ça n’a l’air de rien, mais le fait de rajouter une dimension change beaucoup de choses par rapport à ce que les annonceurs connaissent (TV, affichage, print, web). Avoir été dans Second Life a ainsi permis à de nombreux annonceurs à “exprimer” leur marque et ses promesses en 3D.

Certes, les utilisateurs d’environnements virtuels en 3D sont peu nombreux pour le moment (euphémisme), mais qui nous dit que les choses ne vont pas changer ? On recense ainsi près de 100 millions de joueurs chez Zynga, si cet éditeur décide de se lancer dans la création d ‘un environnement virtuel en 3D, ceux qui auront accumulé de l’expérience seront bien mieux préparés que les novices. De même, lorsque Apple lancera sa TV révolutionnaire l’année prochaine (ce lancement a été confirmé de façon officieuse par de nombreuses sources), il y a de grandes chances pour qu’elle intègre l’accès à un environnement 3D (Apple Patent Shows A 3D Virtual World For Buying Their Goods In), serez-vous prêt ?

Le brevet de boutique en 3D d'Apple

Au final, l’intérêt d’être présent au sein d’un univers virtuel dépasse largement la cadre dudit univers. Encore une fois, l’intérêt n’est pas de toucher les résidents (ils seront toujours bien moins nombreux que les utilisateurs de Facebook), mais de préparer l’avenir et d’acquérir de l’expérience en vue d’une généralisation ultérieure de ce type d’environnements. Souvenez-vous il y a 15 ans quand il était question d’ouvrir un site web pour une entreprise, les moqueries étaient de mise, maintenant la question n’est plus abordée.

Je vous propose de méditer là-dessus et de vous demandez si vous votre marque est prête à passer à la 3D…

Sony lance une nouvelle version de son univers Home

Lancé en début d’année 2009, Home, l’univers virtuel de Sony pour la PS3 a eu quelques difficultés à trouver sa place : Sony Home, un lancement en demi-teinte et Empire of Sports et Sony Home à la conquête d’un public plus casual. Passée cette période de “rodage”, Sony est donc de retour avec une nouvelle mouture nettement plus inspirée.

Avec près de 24 millions de membres, Sony ne pouvait pas se permettre de délaisser cette plateforme virtuelle, d’autant plus qu’elle permet au géant japonais de lier un monde virtuel avec ses jeux vidéos.

La nouvelle interface de Home

La Central Plaza a été remplacée par le Hub point de départ des résidents vers les quatre nouveaux univers :

  • Action District, pour les résidents à la recherche d’action, qui propose un FPS gratuit se déroulant à l’époque de la prohibition (Bootleggers’29) ;

    Le nouveau Home donne accès à un FPS
  • Adventure District, pour les explorateurs, avec une ambiance plus immersive et la recréation d’un niveau du titre Uncharted 3 ;
  • Sportswalk District, pour les fans de sport, qui proposera un stade grandeur réelle et tout un tas d’activités sportives et divertissantes (billards, jeux de fléchettes, poker…) ;
  • Indie Park, qui mettra l’accent sur la créativité et l’innovation avec des mini-jeux comme Espionage 9, Gnome Curling ou Los Penguini Brothers.

Mais vous pourrez également retrouver vos marques avec les anciennes zones de découverte et d’interactions :

  • Le Home Square, pour faire des rencontres, se promener sur le boardwalk ou profiter des nombreuses activités (bowling, jeux de plateau…) ;

    Le nouvel espace de rencontres et de sociabilisation de Home
  • Le Mall où vous pourrez faire vos emplettes et profiter d’un inventaire de près de 10.000 objets virtuels (fringues, accessoires, meubles et gadgets).

    La nouvelle galerie marchande de Home

Comme vous pouvez le constater, il y a beaucoup d’ambitions dans cette refonte et les équipes de Sony ont mis les bouchées doubles pour susciter l’intérêt des résidents avec notamment un nouveau système de mini-quêtes pour vous inciter à découvrir le nouvel environnement.

Difficile de se projeter dans l’avenir et de prédire quel va être l’accueil des joueurs pour cette nouvelle version, mais je pense ne pas me tromper en disant que Sony fait les choses dans le bon ordre avec un environnement virtuel enrichi au fur et à mesure. Pour le moment l’univers n’est accessible qu’aux possesseurs de PS3, mais je me demande dans quelle mesure cette population pourrait être élargie au travers d’offres de Cloud Gaming ou d’un accès distant pour les possesseurs de TV connectées de chez Sony.

Toujours est-il que ce nouveau Home se révèle être un formidable terrain d’expérimentation pour les marques du fait du rendu photoréaliste (et de la formidable puissance de calcul de la machine). Bien évidemment pas toutes les marques, mais celles qui ont des histoires intéressantes à raconter et des expériences à faire vivre. Sony vient donc de placer la barre un cran plus haut pour les autres constructeurs comme Microsoft ou comme… Apple qui devrait sortir sa TV l’année prochaine (qui sait ce qu’ils nous réservent).

Nouveaux jeux et nouvelles ambitions pour Zynga

Tout va bien, mais rien ne va plus pour Zynga qui subit en ce moment une bien mauvaise presse : Zynga’s Profits Cratered By 90% In The June Quarter et ZYNGA’s Q2: The Numbers Are Even More Horrible Than They Look. Certes, Zynga est de loin l’acteur le plus visible du créneau des social games (près de 264 millions de joueurs actifs), mais les chiffres exposés récemment ont de quoi inquiéter.

Évolution des revenus et bénéfices de Zynga

Ceci étant dit, si les chiffres présentés ci-dessus peuvent inquiéter les investisseurs en quête de profits rapides, ils restent néanmoins très bons au vu de la conjoncture mondiale. Mais bon, dans le doute, les dirigeants de Zinga ont donc décidé de repousser leur introduction en bourse et de se refaire une “santé”.

La semaine dernière, l’éditeur a donc convié le gratin de la blogosphère pour présenter sa nouvelle stratégie et surtout ses dernières créations : More Social, More Fun, come Out and Play. Au programme des annonces : une couche sociale unifiée, de nouveaux titres avec des gameplay novateurs et des jeux mobiles.

Commençons avec le fameux Project Z, leur couche sociale unifiée : Zynga’s declaration of independence: Project Z. Pour faire simple, l’objectif de Zynga est de lancer une couche sociale unique servant de lien entre les jeux quelque soit le moyen d’accès. L’idée est de s’inscrire sur Zynga Live au moyen d’un identifiant unique (le zTag) et de pouvoir jouer aux différents titres en commençant une partie sur votre ordinateur du bureau, de la continuer sur votre smartphone dans les transports en commun et de la finir chez vous le soir ; le tout, sans nécessairement passer par Facebook, mais par n’importe quelle plateforme sociale et même en direct.

La première brique de Zynga Live

La grande question est donc de savoir si Zynga est en train de prendre ses distances avec Facebook, et la réponse est toute trouvée : Non. Tout simplement, car pour vous inscrire sur Zynga Live, vous devez utiliser votre profil Facebook. L’ambition de Zynga est donc de proposer une expérience de jeu sans couture, mais sans pour autant revendiquer une indépendance totale, puisque cela ne leur servirait pas à grand-chose. Pour résumer une longue explication : tant que l’accord entre Facebook et Zynga est mutuellement profitable, il n’y a pas de raison de le dénoncer (Zynga’s Project Z Network No Threat to Facebook for Now). Donc Zynga s’éloigne de Facebook en déployant ses nouveaux jeux sur d’autres plateformes (Zynga’s Mafia Wars 2 Is On Google+), mais ils ne vont pas très loin non plus !

Et puisque l’on parle de nouveautés, voici la liste des titres annoncés :

Zynga poursuit donc sur sa lancée pour nous proposer de nouveaux univers de jeu avec des gameplay novateurs (Zynga à la recherche de nouvelles mécaniques de jeu). Du coup, ils vont retenter une IPO l’année prochaine avec une valorisation à 20 milliards de $ : Zynga reveals more IPO details. Comme vous l’aurez compris, le rythme d’innovation est très soutenu pour garder la concurrence à distance. Une stratégie qui semble fonctionner, car les concurrents directs se font particulièrement discrets (EA, Disney…).

Tout ceci est très intéressant, mais je pense faire une petite pause sur le sujet des social games car j’ai l’impression de ne plus parler que de ça sur ce blog.

Zynga à la recherche de nouvelles mécaniques de jeu

Sur le créneau des social games il y a Zynga et les autres (cf. Tour d’horizon des social games). Pour vous la faire simple, Zynga s’est imposé en à peine trois ans comme le leader incontesté des jeux sociaux. Cette réussite est d’autant plus enrageante pour la concurrence que le gameplay exploité sur les principaux titres (FarmVille, FrontierVille, CityVille) est toujours le même : Aménager son territoire pour accroitre ses richesses.

Conscient que cette mécanique de jeu ne durerait pas éternellement, les équipes ont commencé à travailler sur des légères modifications au gameplay pour éviter de lasser les joueurs. Nous avons ainsi vu le tout dernier Empire & Allies introduire les assauts contre les territoires ennemis (Zynga strikes again with launch of Empires & Allies, First Strategy Combat Game).

Plus récemment, la suite de FrontierVille (Pioneer Trail) a également de nouvelles règles du jeu comme la limitation à trois joueurs associés ou le système de progression plus diversifié : FrontierVille Sequel Pioneer Trail Gets Zynga a Little Closer to Making Hardcore Games, Limits Friends.

L'interface de jeu de Pioneer Trail

Mais c’est avec le tout dernier Adventure World que les choses commencent réellement à bouger avec des cartes beaucoup plus grandes et surtout la possibilité de jouer à plusieurs simultanément : A Closer Look at Zynga’s Adventure World.

L'interface de jeu d'Adventure World

Des espaces de jeu plus grands, des quêtes plus sophistiquées… il fallait au moins ça pour relancer l’intérêt et conserver son avance. Il faut dire que Zynga est loin d’être seul sur le créneau et que la concurrence commence à être sacrément féroce :

L’intensité concurrentielle va donc être de plus en plus forte pour Zynga qui doit de plus composer avec l’humeur des marchés financiers puisque la société est maintenant cotée en bourse. Heureusement les équipes ont plus d’un tour dans leur sac avec notamment l’utilisation prochaine d’une licence très prestigieuse : Indiana Jones (Indiana Jones Whips His Way onto Adventure World).

Le célèbre Mafia Wars va également bénéficier d’un sérieux lifting avec un environnement en 3D isométrique et plus de liberté dans les actions  : Zynga To Debut New, 3D Version Of Facebook Game Mafia Wars.

Mais le meilleur reste à venir, car le prochain nouveau titre de Zynga s’orientera manifestement vers un gameplay proche des MMORPG avec Kingdoms & Quests : Kingdoms & Quests looks like Zynga’s next big game, a social RPG?. Autant vous dire que l’attente est particulièrement forte autour de ce titre, surtout de la part des hardcore gamers qui attendent ce jeu au tournant.

Tout ceci est très intéressant, mais je suis surpris que Zynga n’ait pas encore pris la décision de miser sur des titres plus contemporains pour y intégrer de façon plus intensive les sponsors, comme peut le faire un Ijji au Japon. Zynga éditeur de jeux sociaux pour les marques ? Avouez que l’idée vous séduit également, non ?